La vie quotidienne au Moyen Âge (Xe-XVe siècle)

Environ 90 % de la population médiévale vit à la campagne. La vie est rythmée par les saisons agricoles, les fêtes religieuses et les contraintes seigneuriales. Mais les conditions d'existence varient considérablement selon qu'on est paysan, noble ou habitant d'une ville en croissance.

La vie paysanne

Les paysans vivent dans des maisons en bois et torchis au toit de chaume, partagées parfois avec le bétail pour conserver la chaleur. L'alimentation repose sur les céréales (blé, seigle, orge pour le pain et les bouillies), les légumes du potager, et rarement la viande. Les récoltes dépendent entièrement du climat : une mauvaise année entraîne la famine. Les charges sont lourdes : taille royale, dîme ecclésiastique, redevances seigneuriales et corvées.

La vie nobiliaire et l'essor des villes

Les seigneurs et leurs familles vivent dans des châteaux ou des manoirs, consacrant leur temps à la chasse, aux tournois et à l'administration de leurs terres. Les banquets sont des actes de représentation sociale. À partir du XIe siècle, les villes connaissent un essor notable : le commerce et l'artisanat s'y développent, les artisans se regroupent en corporations qui règlementent leur métier. Les grandes foires de Champagne permettent des échanges à l'échelle européenne.

Santé et hygiène

Une idée reçue présente le Moyen Âge comme une époque totalement insalubre. En réalité, des bains publics (les étuves) existent dans les villes et l'hygiène corporelle n'est pas absente. La médecine reste cependant rudimentaire et les épidémies fréquentes. L'espérance de vie moyenne (estimée entre 30 et 40 ans) reflète surtout une mortalité infantile très élevée : ceux qui atteignaient l'âge adulte pouvaient vivre jusqu'à un âge avancé.