La chute de l'Empire romain d'Occident et le début du Moyen Âge (476)
En 476, le jeune empereur Romulus Augustule est renversé par Odoacre, un chef germanique qui l'envoie en exil sans chercher à lui succéder dans le titre impérial. Cet événement, retenu par la tradition comme la limite entre l'Antiquité et le Moyen Âge, est en réalité l'aboutissement d'un long processus de transformation.
Un Empire progressivement fragilisé
Depuis le IIIe siècle, l'Empire romain d'Occident traverse des crises répétées : instabilité politique (plus de cinquante empereurs en cinquante ans entre 235 et 284), invasions germaniques, difficultés économiques et affaiblissement de l'armée. Rome elle-même est pillée en 410 par les Wisigoths, un choc symbolique considérable. Tout au long du Ve siècle, l'autorité impériale se réduit pendant que des peuples germaniques s'installent sur le territoire : Wisigoths en Espagne et dans le sud de la Gaule, Ostrogoths en Italie, Vandales en Afrique du Nord, Francs dans le nord de la Gaule.
Une transition plus qu'une rupture
La date de 476 n'est pas perçue comme un événement capital par les contemporains. L'Empire romain d'Orient, dont la capitale est Constantinople, continue à prospérer et survivra encore près de mille ans, jusqu'en 1453. En Occident, le monde romain ne disparaît pas brutalement : la langue latine, le droit romain et le christianisme continuent de structurer la société médiévale qui se construit progressivement sur ses ruines.