La société féodale (Xe-XVe siècle)
La féodalité est le système de liens personnels et d'obligations mutuelles qui structure la société médiévale en Europe occidentale. Elle émerge face aux invasions du IXe siècle (Vikings, Hongrois, Sarrasins) et à la désintégration de l'autorité carolingienne : en l'absence d'un pouvoir central fort, les seigneurs locaux organisent la défense et la protection des populations.
Le lien vassalique
Au cœur de la féodalité se trouve un contrat bilatéral : un seigneur (suzerain) accorde à un vassal un fief (généralement une terre avec les paysans qui y vivent) en échange de sa fidélité militaire, de son conseil et d'une aide financière en certaines circonstances. Cette relation est scellée par la cérémonie de l'hommage, au cours de laquelle le vassal place ses mains dans celles de son seigneur et lui prête serment. Un même seigneur peut lui-même être vassal d'un suzerain plus puissant, créant une hiérarchie pyramidale qui monte jusqu'au roi.
Les trois ordres
La pensée médiévale organise la société en trois ordres présentés comme voulus par Dieu : ceux qui prient (le clergé), ceux qui combattent (la noblesse) et ceux qui travaillent (les paysans, environ 90 % de la population). La seigneurie est l'unité de base : le seigneur possède les terres, les paysans libres et les serfs (attachés à la terre) doivent des corvées (travail gratuit) et des banalités (droit d'usage du moulin, du four, du pressoir seigneurial).
Le rôle de l'Église
L'Église catholique traverse toute la société médiévale. Elle encadre la vie de chacun (baptême, mariage, mort), gère les hôpitaux et les premières écoles, conserve la culture écrite dans les monastères et tente de limiter les guerres entre seigneurs par la Paix de Dieu et la Trêve de Dieu.