Sparte, La Cité des Guerriers

Si Athènes est la cité de la démocratie et de la culture, Sparte (ou Lacédémone) incarne un modèle radicalement opposé : toute la société est organisée autour d'un objectif unique, produire les meilleurs guerriers possibles. Cette orientation fascine et inquiète les autres cités grecques tout au long de l'Antiquité.

L'agogé, une éducation militaire totale

Dès l'âge de 7 ans, les garçons spartiates intègrent l'agogé, un système éducatif collectif et militaire. Séparés de leur famille, ils vivent en groupes, s'entraînent au sport et au combat, apprennent à endurer la faim, le froid et la douleur. À 20 ans, ils deviennent soldats à temps plein. À 30 ans seulement, ils peuvent vivre avec leur famille. Cette formation forge des guerriers redoutés dans tout le monde grec, mais au prix d'une vie d'une austérité extrême.

Un régime politique original

Sparte est gouvernée par deux rois (commandant l'armée), cinq éphores (magistrats élus surveillant tout, y compris les rois) et la Gérousie (conseil de 28 anciens de plus de 60 ans). Ce système de contre-pouvoirs vise à éviter toute tyrannie. Les femmes spartiates jouissent de davantage de libertés qu'à Athènes, gérant les domaines et recevant une éducation physique.

Les hilotes, un danger intérieur permanent

L'édifice spartiate repose sur les hilotes, la population servile de Messénie réduite en esclavage collectif après la conquête. Beaucoup plus nombreux que les Spartiates (peut-être dans un rapport de 7 pour 1), ils représentent une menace de révolte permanente. Pour les maintenir dans la soumission, Sparte leur déclare rituellement la guerre chaque année, légalisant leur mise à mort. Cette pression démographique explique en partie l'obsession spartiate pour la discipline militaire.