Sparte, La Cité des Guerriers
Athènes est la cité du vote, du théâtre et des philosophes. Sparte est tout le contraire : là-bas, tout est organisé pour fabriquer les meilleurs soldats du monde grec. Les autres cités en parlent avec un mélange d'admiration et de peur.
L'agogé : sept ans, et déjà à l'entraînement
Dès 7 ans, les garçons de Sparte quittent leur famille pour entrer dans l'agogé, l'éducation collective de la cité. Ils vivent en groupes, s'entraînent au sport et au combat, et apprennent surtout à supporter la faim, le froid et la douleur sans se plaindre. À 20 ans, ils deviennent soldats à plein temps. Ils ne peuvent revivre chez eux qu'à 30 ans. Le résultat, ce sont des hoplites que personne n'a envie d'affronter, mais aussi une vie où l'on ne possède presque rien et où l'on ne choisit presque rien.
Casque de bronze du VIe siècle av. J.-C. : la tête du hoplite grec, à Sparte comme dans les autres cités
Deux rois, cinq surveillants et un conseil de vieillards
Le gouvernement de Sparte est fait pour que personne ne devienne tyran. Il y a deux rois en même temps, qui commandent l'armée et se surveillent l'un l'autre. Cinq éphores, élus chaque année, contrôlent absolument tout, y compris les rois, qu'ils peuvent faire juger. Enfin, la Gérousie, un conseil de 28 anciens de plus de 60 ans, prépare les décisions. Autre différence avec Athènes : les Spartiates faisaient du sport et pouvaient gérer les terres de la famille pendant que les hommes étaient à la guerre.
Statue d'un guerrier trouvée à Sparte (vers -480). On l'appelle « Léonidas » par habitude, mais rien ne prouve que ce soit lui.
Les hilotes, la peur qui ne s'arrête jamais
Si les Spartiates peuvent s'entraîner toute leur vie, c'est que d'autres travaillent à leur place. Ce sont les hilotes : les habitants de la région voisine, la Messénie, réduits en esclavage après avoir été vaincus. Ils cultivent les champs des Spartiates et sont bien plus nombreux qu'eux, peut-être sept fois plus. Sparte vit donc dans la crainte permanente d'une révolte. Pour les terroriser, la cité leur déclarait officiellement la guerre chaque année : un Spartiate qui tuait un hilote n'était ainsi jamais puni. Cette peur explique en grande partie pourquoi Sparte était devenue une caserne.