La Naissance de la Démocratie à Athènes

En -508 avant J.-C., l'homme politique athénien Clisthène instaure un système de gouvernement révolutionnaire, la démocratie, du grec demos (peuple) et kratos (pouvoir). Pour la première fois dans l'histoire connue, les citoyens d'une grande cité disposent d'un droit direct et collectif à gouverner.

Le fonctionnement de la démocratie athénienne

Le système repose sur trois institutions. L'Ecclésia, l'assemblée de tous les citoyens, se réunit sur la colline de la Pnyx pour voter les lois et les décisions importantes, chaque citoyen pouvant prendre la parole. La Boulè, conseil de 500 citoyens tirés au sort, prépare les textes soumis au vote. Les magistrats sont élus ou tirés au sort pour des mandats d'un an, ce qui empêche toute concentration durable du pouvoir.

Ses limites réelles

La démocratie athénienne reste très restrictive selon nos critères modernes. Sur environ 300 000 habitants, seulement 30 000 à 40 000 sont citoyens. En sont exclus les femmes, les esclaves (environ un tiers de la population) et les étrangers résidents. Ce système reconnaît l'égalité politique, mais seulement au sein d'une minorité de la population.

Un héritage fondateur

Malgré ses limites, la démocratie athénienne invente des mécanismes qui structurent encore nos régimes politiques : le vote, le débat public, la rotation des charges, la protection contre la tyrannie via l'ostracisme (qui permettait d'exiler pour dix ans tout citoyen jugé dangereux pour la cité). Ces principes, transmis par Rome puis redécouverts à la Renaissance, sont au fondement des démocraties modernes.