La Guerre du Péloponnèse, Athènes contre Sparte (-431 à -404)

De -431 à -404, les deux cités les plus puissantes de Grèce, Athènes et Sparte, se déchirent pendant 27 ans. Ce n'est pas une guerre contre un ennemi étranger : ce sont des Grecs qui s'entretuent, et le monde grec en sortira épuisé. Nous la connaissons grâce à Thucydide, un général athénien qui, après avoir été renvoyé, a passé le reste de sa vie à en écrire l'histoire.

Pourquoi cette guerre ?

Après la victoire contre les Perses, la Grèce se coupe en deux camps. D'un côté la Ligue de Délos, dirigée par Athènes : des cités du bord de mer et des îles, avec une flotte de trières que personne n'égale. De l'autre la Ligue du Péloponnèse, menée par Sparte : des cités de l'intérieur, avec les meilleurs hoplites du monde. Le problème, c'est qu'Athènes traite peu à peu ses alliés comme des sujets : elle réclame leur argent et punit ceux qui veulent partir. Sparte finit par déclarer qu'elle vient « libérer les Grecs ».

Buste en marbre d'un homme barbu, portrait de Thucydide Thucydide, d'abord général puis historien de cette guerre : c'est notre principale source pour la raconter

Deux catastrophes pour Athènes

En -430, une épidémie s'abat sur Athènes, où toute la population des campagnes s'est réfugiée derrière les remparts. Elle tue près d'un habitant sur trois, dont Périclès : la cité perd son meilleur dirigeant. Puis vient le désastre de Sicile (-415 à -413). Athènes envoie une énorme flotte attaquer la ville de Syracuse, très loin de chez elle. Tout tourne mal : les navires sont détruits, et des dizaines de milliers de soldats sont tués ou faits prisonniers. Athènes ne s'en relèvera pas.

Peinture de vase grec montrant deux groupes d'hoplites armés de lances et de boucliers ronds Des hoplites au combat sur un vase grec : casque, bouclier rond et lance, l'équipement du citoyen-soldat

La défaite, et ce qu'elle coûte à tout le monde

En -404, Athènes, affamée par un siège, doit se rendre. Sa flotte est saisie, ses grands remparts abattus, et Sparte lui impose un gouvernement à sa main. Les Athéniens rétabliront la démocratie dès l'année suivante, mais la ville ne retrouvera jamais sa puissance d'avant. Surtout, cette guerre entre Grecs a affaibli toutes les cités en même temps. Trente ans plus tard, un roi du nord, Philippe II de Macédoine, n'aura aucun mal à les soumettre, puis son fils Alexandre le Grand les entraînera dans son aventure.