L'Alphabet Grec, La Révolution de l'Écriture
Vers -800 avant J.-C., les Grecs reprennent l'alphabet des Phéniciens, un peuple de marchands installé au bord de la mer, au Liban actuel. Mais ils y ajoutent quelque chose d'essentiel : des lettres pour les voyelles (a, e, i, o, u), que les Phéniciens n'écrivaient pas. Résultat : on peut enfin écrire exactement ce qu'on entend, et beaucoup plus de gens arrivent à lire.
24 lettres, de l'alpha à l'oméga
L'alphabet grec compte 24 lettres. La première s'appelle alpha (Α), la deuxième bêta (Β) : mises bout à bout, elles ont donné notre mot « alphabet ». La dernière est l'oméga (Ω), c'est pour ça qu'on dit « de l'alpha à l'oméga » pour dire « du début à la fin ». Certaines de ces lettres servent encore aujourd'hui en maths et en sciences : π (pi), Δ (delta), Σ (sigma, le signe de l'addition).
Ce vase, trouvé à Athènes, porte une des plus vieilles phrases écrites en alphabet grec que l'on connaisse (vers -740)
Écrire change tout
Avec un alphabet facile, il devient simple de noter les choses. Les Grecs écrivent leurs lois pour que chacun puisse les vérifier, mettent par écrit les poèmes d'Homère (l'Iliade et l'Odyssée) et commencent à écrire de la philosophie et de l'histoire. En Égypte ou en Mésopotamie, seuls des spécialistes formés pendant des années savaient écrire ; en Grèce, ce n'est plus réservé à quelques-uns.
Le code de Gortyne (Crète, vers -450) : les lois de la ville gravées dans la pierre. Une ligne se lit vers la droite, la suivante vers la gauche : on appelle cela le boustrophédon.
Un alphabet qui a fait le tour du monde
Notre alphabet latin, celui que vous lisez en ce moment, descend directement de l'alphabet grec. Il en va de même pour l'alphabet cyrillique (utilisé en Russie et dans plusieurs pays slaves) et pour l'alphabet copte, en Égypte. Presque toutes les écritures d'Europe viennent donc de cette idée grecque, vieille de près de trois mille ans.