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La bataille de Normandie et la guerre des haies

Le soir du 6 juin 1944, les Alliés ont réussi à débarquer. Mais la bataille ne fait que commencer. Il leur faudra près de trois mois de combats acharnés pour sortir de Normandie, dans un paysage qui les surprend et favorise les défenseurs allemands.

Le piège du bocage

Derrière les plages s'étend le bocage normand : de petits champs entourés de haies épaisses, plantées sur des talus de terre d'un ou deux mètres de haut, et séparés par des chemins creux. Chaque champ devient une petite forteresse. Les soldats allemands, cachés derrière les haies, tirent sur les fantassins et les chars qui avancent à découvert. Les Américains ne progressent parfois que de quelques centaines de mètres par jour, au prix de lourdes pertes. C'est la guerre des haies.

Petit char avançant dans une prairie bordée de haies épaisses Un char léger américain ouvre un passage dans le bocage normand, en juillet 1944

S'adapter pour avancer

Les soldats apprennent à combattre en petits groupes, chars et fantassins ensemble. Un sergent américain, Curtis Culin, a l'idée de souder à l'avant des chars des lames d'acier taillées dans les obstacles posés par les Allemands sur les plages. Les chars peuvent ainsi couper les haies au lieu de grimper sur les talus, où ils étaient des cibles faciles. Pendant ce temps, Britanniques et Canadiens se battent pendant des semaines autour de Caen, libérée en juillet.

Soldat allongé dans une haie, son fusil prêt Un soldat écossais en position de défense dans une haie normande, le 17 juin 1944

La percée et la poche de Falaise

Le 18 juillet, les Américains prennent Saint-Lô, presque entièrement détruite. Le 25 juillet, après un énorme bombardement, ils percent enfin les lignes allemandes : c'est l'opération Cobra. Les blindés du général Patton foncent vers la Bretagne et la Loire. Une partie de l'armée allemande se retrouve encerclée près de Falaise. Le 21 août, la poche de Falaise est refermée par des soldats polonais, canadiens, américains et français. La bataille de Normandie est gagnée. Quatre jours plus tard, Paris est libéré.

Les civils normands

La population paie un très lourd tribut. Les bombardements alliés, destinés à bloquer les renforts allemands, rasent des villes comme Caen, Saint-Lô, Lisieux ou Le Havre. Près de 20 000 civils normands sont tués pendant l'été 1944. L'écrivain Samuel Beckett, venu aider à l'hôpital de Saint-Lô, l'appela la « capitale des ruines ».

Vue d'une ville en ruines depuis un clocher Saint-Lô en ruines, en août 1944