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La Conquête de la Gaule (-58 à -51)
De -58 à -51, Jules César conquiert la Gaule, un territoire qui n'est pas un pays unifié mais un ensemble de peuples celtes rivaux. César exploite méthodiquement ces rivalités, s'appuyant sur les uns pour abattre les autres.
Le prétexte et la progression
Le prétexte est la migration des Helvètes à travers la Gaule en -58 : César intervient au nom de la protection des alliés de Rome, et ne s'arrête plus. En huit ans, il bat les Helvètes puis les Germains d'Arioviste, soumet les peuples belges, détruit la flotte des Vénètes et traverse même la Manche vers la Bretagne insulaire.
Vercingétorix et Alésia
En -52, le chef arverne Vercingétorix réussit ce qu'aucun Gaulois n'avait fait : unifier les peuples celtes contre Rome. Sa stratégie de la terre brûlée prive les légions de ravitaillement et met César en difficulté. Mais celui-ci assiège Vercingétorix dans l'oppidum d'Alésia, protégé par deux lignes de fortifications concentriques, l'une contre les assiégés, l'autre contre l'armée de secours. Encerclé et affamé, Vercingétorix se rend.
Statère d'or au nom de Vercingétorix et monnaies de bronze trouvées à Alésia, Musée d'Archéologie nationale
Un bilan contrasté
La conquête est un désastre humain : les sources antiques parlent d'un million de morts et d'autant de personnes réduites en esclavage. Ces chiffres, venus en grande partie de César lui-même, sont sûrement exagérés, mais l'ampleur des pertes ne fait pas de doute. Ce drame ouvre pourtant plus de cinq siècles d'histoire commune : routes, villes, droit romain et latin, dont naîtra le français.
Le Galate mourant : copie romaine d'un bronze grec du IIIe siècle av. J.-C. La torsade autour du cou, le torque, désigne un guerrier celte.