La Chute de l'Empire Romain d'Occident (476)
Le 4 septembre 476, le chef germain Odoacre dépose le dernier empereur d'Occident, Romulus Augustule, à Ravenne. La date marque conventionnellement la fin de l'Antiquité et le début du Moyen Âge, bien que la rupture réelle soit progressive et beaucoup moins nette que cette date ne le suggère.
Un Empire à l'agonie
Au Ve siècle, l'Empire d'Occident est déjà profondément transformé. L'armée est majoritairement composée de soldats germains, dont les généraux font et défont les empereurs à leur gré. Les provinces de la Gaule, de l'Espagne, de l'Afrique et de la Bretagne sont progressivement perdues. Rome elle-même est pillée en 410 par les Wisigoths et en 455 par les Vandales. Romulus Augustule, le "dernier empereur" (dont le nom réunit ironiquement ceux du fondateur de Rome et du premier empereur), n'a que 14 ans et ne gouverne rien.
Une chute sans fracas
Odoacre ne se proclame pas empereur : il renvoie les insignes impériaux à l'empereur d'Orient à Constantinople, signifiant qu'un seul empire suffit désormais. Sur le moment, cette déposition passe presque inaperçue. Les lois romaines, les institutions locales et la vie économique se poursuivent. Ce n'est pas la fin d'un monde en un jour.
Causes et héritage
Les historiens débattent encore des causes de l'effondrement, qui cumule plusieurs facteurs : pressions des peuples germains et des Huns, crises économiques et fiscales, épidémies, guerres civiles répétées. L'héritage de Rome, lui, survive pleinement : les langues romanes (français, espagnol, italien, portugais, roumain), le droit romain, l'architecture en arc et en voûte, et le christianisme comme religion dominante de l'Occident.