La Guerre des Gaules, César, Vercingétorix et Alésia (-58 à -52)
Vue depuis la Gaule, la guerre de -58 à -52 n'est pas seulement la campagne militaire brillante que César met en scène dans ses Commentaires : c'est une résistance tenace de peuples divisés qui finissent, pour la première fois, par s'unir autour d'un chef commun, Vercingétorix, avant d'être vaincus dans l'un des sièges les plus remarquables de l'Antiquité.
L'unification gauloise face à César
Après six ans d'avancée romaine, la Gaule entière se soulève en -52. Vercingétorix, jeune noble arverne dont le nom signifie "grand roi des guerriers", est élu chef de la coalition, fait sans précédent dans l'histoire gauloise. Sa stratégie est celle de la terre brûlée : incendier villages et récoltes pour priver les légions de ravitaillement, tout en harcelant les convois. Il remporte une victoire significative à Gergovie (-52), contraignant César à la retraite, seule grande défaite romaine de la campagne.
Le siège d'Alésia
Vercingétorix commet l'erreur stratégique de s'enfermer avec environ 80 000 guerriers dans l'oppidum d'Alésia (en Bourgogne). César construit en quelques semaines deux lignes de fortifications concentriques de 35 kilomètres : l'une face à la ville assiégée, l'autre tournée vers l'extérieur pour contenir l'armée de secours gauloise. Pris entre famine et défaite de l'armée de renfort, Vercingétorix se rend.
Un destin et un symbole
Emmené à Rome, Vercingétorix y reste prisonnier six ans avant d'être exécuté lors du triomphe de César en -46. Dix-neuf siècles plus tard, Napoléon III lui fait ériger une grande statue à Alise-Sainte-Reine. Sa défaite marque la fin de la Gaule libre, mais aussi, paradoxalement, la naissance d'une première identité gauloise commune, forgée dans la résistance collective.