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La Naissance de la République Romaine (-509)
En -509, les Romains renversent leur dernier roi, Tarquin le Superbe, et fondent la République (du latin res publica, « la chose publique »). Ce régime durera près de cinq siècles, jusqu'à la prise de pouvoir d'Auguste en -27.
La rupture avec la royauté
L'événement déclencheur, selon la tradition, est l'agression de Lucrèce, noble romaine, par le fils du roi. L'aristocrate Brutus soulève alors la cité, les Romains chassent Tarquin et prêtent un serment solennel : jamais Rome n'aura de roi. Le mot rex devient une insulte durable, des siècles plus tard, Jules César sera encore accusé de vouloir la couronne.
Le « Brutus du Capitole », bronze romain du IVe ou IIIe siècle av. J.-C. On y a longtemps vu le fondateur de la République.
Les institutions républicaines
Pour empêcher toute concentration du pouvoir, la République multiplie les contrepoids. Deux consuls sont élus pour un an seulement et peuvent s'opposer l'un à l'autre. Le Sénat, assemblée d'environ trois cents anciens magistrats, délibère sur la guerre, la paix et les finances. Des assemblées populaires votent les lois. Les autres charges, préteur, questeur, censeur, édile, forment une hiérarchie codifiée, le cursus honorum, que tout ambitieux doit gravir dans l'ordre.
La Curie, sur le Forum romain : la salle où siégeait le Sénat (le bâtiment actuel date de l'époque impériale)
SPQR, un idéal et ses limites
Les lettres SPQR (Senatus Populusque Romanus, « le Sénat et le Peuple Romain ») symbolisent l'alliance de l'aristocratie et des citoyens. En pratique, la République reste dominée par les grandes familles patriciennes, et les conflits entre patriciens et plébéiens traversent toute son histoire, avant que les guerres civiles ne l'emportent au Ier siècle avant J.-C.