Les Peuples de la Gaule au 1er Millénaire avant J.-C.
La Gaule celtique n'est pas un État unifié mais une mosaïque d'environ soixante peuples distincts, partageant une langue, une religion et des traditions communes tout en demeurant politiquement indépendants, souvent rivaux. Cette fragmentation est l'une des causes principales de la relative facilité de la conquête romaine.
Les grandes régions et leurs peuples
César distingue trois grandes zones. La Gaule Belgique au nord regroupe les Nerviens, Atrébates et Ambiens, que César qualifie de "plus braves de tous les Gaulois". La Gaule Celtique au centre est la plus peuplée : les Éduens (Bourgogne, alliés de Rome, capitale Bibracte) et les Arvernes (Auvergne, dont est issu Vercingétorix) s'y disputent la primauté. Les Séquanes (Franche-Comté), ennemis des Éduens, commettent l'erreur d'appeler à l'aide les Germains d'Arioviste, qui ne repartent plus. Les Vénètes (Bretagne actuelle) contrôlent le commerce maritime avec la Bretagne insulaire. Les Parisii, sur l'île de la Seine, donnent leur nom à Paris. La Gaule Aquitaine au sud-ouest présente des populations moins celtiques, plus proches des peuples ibères.
Institutions et gouvernement
Le chef peut être un roi héréditaire ou un magistrat élu annuellement, comme le vergobret chez les Éduens, "celui qui juge équitablement". Les grandes décisions se prennent en assemblée de guerriers libres. Les druides exercent une autorité transversale à tous les peuples, servant de médiateurs, d'arbitres et de garants de la paix entre tribus rivales.
Une culture commune malgré les rivalités
Malgré les conflits, ces peuples partagent des langues celtiques très proches, les mêmes techniques artisanales, le même système religieux et le même style artistique fondé sur les spirales et les entrelacs. Les assemblées annuelles des druides dans la forêt des Carnutes (près de Chartres) constituent l'unique institution commune à toute la Gaule.