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Vivre en Gaule Romaine : Femmes, Enfants et Esclaves

Derrière les théâtres et les thermes, la société gallo-romaine est très inégale. Tout dépend de qui l'on est : homme ou femme, riche ou pauvre, citoyen libre ou esclave. Les textes parlant surtout des puissants, c'est l'archéologie qui nous renseigne sur les autres.

Une société à plusieurs étages

Au sommet vivent les grandes familles gallo-romaines, propriétaires de vastes domaines agricoles, les villas, et qui occupent les charges publiques dans les cités. Viennent ensuite les artisans, les commerçants et les paysans libres, qui forment la majorité de la population. Tout en bas se trouvent les esclaves, qui ne s'appartiennent pas.

Être une femme

À Rome, une femme ne vote pas et n'exerce aucune fonction politique : toute sa vie, elle reste juridiquement sous l'autorité d'un homme, son père puis son mari. La femme mariée, la matrone, a pour rôle officiel de tenir la maison et d'élever les enfants, même si, dans les faits, beaucoup géraient d'importantes fortunes. En Gaule, où les femmes celtes possédaient et héritaient plus librement, les deux traditions se mêlent : les inscriptions funéraires montrent des Gallo-Romaines à la tête d'ateliers ou de commerces. Le syncrétisme joue aussi en religion, puisque la déesse gauloise Épona est honorée jusque dans l'armée romaine.

Fresque romaine d'une jeune femme tenant un stylet et des tablettes de cire Portrait d'une jeune femme tenant stylet et tablettes, fresque de Pompéi : dans les familles aisées, les filles apprenaient à lire et à écrire

Être un enfant

Après la conquête, la vie change surtout en ville. Un enfant de famille gallo-romaine aisée peut aller à l'école pour apprendre à lire, à écrire en latin et à compter ; il fréquente les thermes avec sa famille et assiste aux spectacles de l'amphithéâtre. Mais ces nouveautés ne concernent qu'une minorité : les enfants de paysans continuent de travailler la terre exactement comme avant la conquête, et les enfants d'esclaves n'ont aucun droit, ils appartiennent, comme leurs parents, au maître de la maison.

Relief antique montrant un maître assis et deux élèves tenant des rouleaux Un maître et ses élèves : relief funéraire trouvé à Neumagen, près de Trèves, IIIe siècle apr. J.-C.

Vaste salle voûtée en pierre, frigidarium des thermes gallo-romains de Cluny Le frigidarium des thermes de Cluny, à Paris : la salle froide des bains publics, où l'on venait en famille se laver et bavarder

L'esclavage, une réalité partagée

Un esclave est une personne qui ne s'appartient pas : elle est la propriété d'un maître qui peut la faire travailler, la vendre ou l'échanger. On le devenait de trois façons : par la guerre, par les dettes, ou en naissant d'une mère esclave. L'esclavage existait déjà chez les Gaulois, qui vendaient des captifs aux marchands romains contre du vin d'Italie ; la conquête de César en fait un désastre de masse. Les sources antiques parlent d'environ un million de Gaulois réduits en servitude : le chiffre est certainement exagéré, mais il donne la mesure de la catastrophe.

Denier romain montrant au droit la tête d'un captif gaulois aux cheveux hirsutes Denier romain frappé en -48, au lendemain de la guerre des Gaules : un captif gaulois y sert d'image de la victoire

Devenus esclaves, beaucoup de Gaulois partent travailler dans les champs, les mines ou les maisons de tout l'Empire. Leur sort rejoint celui de tous les esclaves de Rome, comme ceux qui s'étaient révoltés derrière Spartacus vingt ans plus tôt. L'esclavage n'était ni gaulois ni romain : c'était une réalité de tout le monde antique.

Entrave en fer forgé à deux anneaux, destinée à immobiliser un prisonnier Entrave en fer pour esclave, musée de Bibracte : un objet qui rappelle une réalité que les textes évoquent peu