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La Gaule Romaine, la Romanisation et les Villes (-52 à 235)

Après Alésia, la Gaule devient romaine pour cinq siècles. Passé quelques révoltes, cette longue période est surtout faite de paix et de richesse : les Gaulois adoptent peu à peu le mode de vie romain et deviennent des Gallo-Romains.

Quatre provinces et la paix romaine

Vers -27, Auguste réorganise le territoire en quatre provinces : la Gaule Belgique (capitale Reims), la Gaule Lyonnaise, dont Lyon devient le centre politique et économique des Gaules, la Gaule Aquitaine (Bordeaux) et la Gaule Narbonnaise au sud, la plus ancienne. Protégée par le limes du Rhin, la Gaule vit alors la Pax Romana, la paix romaine. En 212, l'édit de Caracalla accorde la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'Empire : les Gaulois sont désormais des Romains à part entière.

Gradins en demi-cercle du théâtre gallo-romain de Fourvière, à Lyon Le théâtre de Fourvière, à Lyon : la capitale des Gaules pouvait accueillir 10 000 spectateurs

De l'oppidum à la ville de plaine

La romanisation se lit d'abord dans le paysage. Les oppida perchés sur les hauteurs sont abandonnés au profit de villes neuves bâties dans les plaines, mieux adaptées au commerce et à l'administration. Bibracte, sur le mont Beuvray, est remplacée par Autun dans la vallée ; Gergovie par Clermont ; l'île de la Cité par la rive gauche de la Seine, qui devient Lutèce. Chaque ville nouvelle reprend le même plan quadrillé et les mêmes équipements : forum, thermes, théâtre, amphithéâtre et aqueduc.

Porte romaine en pierre à deux grandes arches et galerie supérieure, à Autun La porte Saint-André d'Autun : la ville neuve bâtie dans la plaine pour remplacer l'oppidum de Bibracte

Les grandes villes de la Gaule romaine

Lyon, capitale des Gaules, compte jusqu'à cent mille habitants et quatre aqueducs. Nîmes conserve ses arènes, sa Maison Carrée et le Pont du Gard ; Arles est un grand port fluvial sur le Rhône ; Reims garde une porte monumentale encore debout. Paris, alors modeste avec quelque huit mille habitants, laisse les Arènes de Lutèce et les thermes de Cluny.

Gradins de pierre et arène des Arènes de Lutèce, à Paris Les Arènes de Lutèce, à Paris : un amphithéâtre du Ier siècle redécouvert en 1869 lors du percement d'une rue

Une économie florissante

La Gaule devient l'un des greniers de l'Empire. Elle exporte du blé, du vin, de la viande de porc, des fromages, des chevaux et des céramiques vendues dans tout le monde romain, acheminés par un dense réseau de routes pavées et par les fleuves.

Bol en céramique rouge orangé décoré de scènes en relief Céramique sigillée produite en Gaule : cette vaisselle rouge vernissée s'exportait dans tout l'Empire

Ni tout à fait romains, ni tout à fait gaulois

La vie urbaine transforme les habitudes : thermes, huile d'olive, latin des affaires, spectacles de gladiateurs. Mais les Gaulois ne s'effacent pas pour autant. Leur artisanat, leur langue et leurs divinités se maintiennent, souvent sous des formes romaines : le dieu gaulois Sucellus voisine avec Jupiter, Épona est honorée jusque dans l'armée. C'est ce mélange que l'on appelle la civilisation gallo-romaine.