En cours de rédaction, certaines informations peuvent être manquantes (images, cartes, notes).
La Société Gauloise, Un Monde Bien Organisé
La société gauloise se divise en trois grands groupes : les druides, les chevaliers (nobles guerriers) et le peuple. Cette description vient de César, un Romain qui combattait les Gaulois ; l'archéologie l'a depuis largement confirmée, tout en la nuançant.
Les trois ordres
Les druides forment l'ordre supérieur : dispensés d'impôt et de service militaire, ils sont à la fois prêtres, juges et éducateurs. Les chevaliers constituent la noblesse guerrière, entourée de fidèles appelés ambactes : le noble offre protection, nourriture et cadeaux, ses ambactes lui donnent leur allégeance au combat. Le peuple, paysans, artisans, commerçants, participe aux assemblées et porte les armes, mais reste dépendant des nobles. À la tête de chaque peuple, on trouve un roi héréditaire ou un magistrat élu chaque année, comme le vergobret des Éduens.
Le guerrier de Vachères (Ier siècle av. J.-C.) : cotte de mailles, bouclier long et torque au cou, l'équipement d'un noble gaulois
Les druides : prêtres, juges et savants
Issus des familles nobles, les druides n'appartiennent à aucun peuple en particulier : tous les Gaulois leur doivent obéissance en matière religieuse. Leur formation dure vingt ans et se transmet entièrement à l'oral, car il est interdit de coucher par écrit le savoir sacré. Ils dirigent les cérémonies, rendent la justice entre tribus, conseillent les chefs et éduquent les fils de nobles. Leur sanction la plus grave, l'exclusion des cérémonies, équivaut à une mise au ban de la société.
Le chaudron de Gundestrup (IIe-Ier siècle av. J.-C.), trouvé au Danemark : ses plaques d'argent montrent des scènes religieuses celtes
Les dieux et les lieux sacrés
Lug, dieu des arts et de la lumière, donne son nom à Lyon (Lugdunum) ; Taranis porte le tonnerre et la roue ; Cernunnos est coiffé de bois de cerf ; Épona, déesse des chevaux, sera adoptée par les soldats romains eux-mêmes. Le culte se pratique dans des forêts sacrées appelées nemeton, près des sources, ou dans de petits sanctuaires carrés, les fana, où l'on dépose animaux, bijoux et armes. Quatre grandes fêtes rythment l'année : Samain, Imbolc, Beltaine et Lugnasad.
Stèle dédiée à Épona, trouvée à Lantéfontaine (Meurthe-et-Moselle), Musée d'Archéologie nationale. Les cavaliers de l'armée romaine ont adopté cette déesse gauloise.
La place des femmes
Comparées à celles des autres civilisations antiques, les femmes gauloises disposent de droits notables : posséder des biens, hériter, gérer le patrimoine familial en l'absence du mari. César et Strabon signalent des femmes intervenant dans les assemblées et les négociations, même si les fonctions officielles leur restent fermées.
Le torque d'or de Vix (vers -480), trouvé dans la tombe d'une femme richement dotée : une aristocrate celte de tout premier rang
La fin des druides
La conquête romaine met fin à l'institution, que l'empereur Claude interdit officiellement vers 50 après J.-C. Certaines pratiques survivent pourtant : fêtes saisonnières, vénération des sources et croyances sur l'au-delà se fondent peu à peu dans le christianisme médiéval, un exemple de syncrétisme.