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La guerre du Vietnam (1955-1975)
La guerre du Vietnam est la plus longue et la plus traumatisante des guerres périphériques de la Guerre froide. Pendant vingt ans, la première puissance militaire du monde s'enlise face à un adversaire bien plus faible, avant de subir une défaite qui marque durablement la société américaine.
De la colonie française à la division du pays
Le Vietnam était une colonie française. À partir de 1946, le mouvement indépendantiste communiste dirigé par Hô Chi Minh combat la France : c'est la guerre d'Indochine, qui s'achève par la lourde défaite française de Diên Biên Phu en 1954. Les accords de Genève coupent alors le pays en deux le long du 17e parallèle : au nord un régime communiste soutenu par l'URSS et la Chine, au sud un régime soutenu par les États-Unis. Des élections de réunification étaient prévues, mais le Sud, craignant de les perdre, refuse de les organiser. La guerre reprend, cette fois entre Vietnamiens.
L'engrenage américain
Les États-Unis raisonnent selon la « théorie des dominos » : si le Vietnam devient communiste, pensent-ils, les pays voisins tomberont les uns après les autres comme des dominos. Ils envoient d'abord des conseillers militaires, puis, à partir de 1965, des troupes de combat. Leur nombre grimpe jusqu'à plus de 500 000 soldats. L'aviation américaine déverse sur le Vietnam plus de bombes que durant toute la Seconde Guerre mondiale, et utilise des produits chimiques comme le napalm et l'« agent orange », un défoliant destiné à détruire la végétation qui abrite l'ennemi et dont les effets sur la santé se font encore sentir aujourd'hui.
Pourquoi la puissance américaine échoue
Malgré cette écrasante supériorité matérielle, les Américains ne parviennent pas à l'emporter. Leurs adversaires, les combattants du Viêt-cong, pratiquent la guérilla : ils évitent les grandes batailles, se fondent parmi la population, se déplacent dans un immense réseau de tunnels et frappent par surprise avant de disparaître dans la jungle. Ils sont ravitaillés par la « piste Hô Chi Minh » et soutenus par l'URSS et la Chine. Surtout, ils se battent chez eux, pour leur pays, avec une détermination que les soldats américains, souvent très jeunes et envoyés à l'autre bout du monde, ne partagent pas.
Une guerre perdue sur les écrans
Le Vietnam est la première guerre télévisée de l'histoire : chaque soir, les Américains voient les combats et les victimes civiles dans leur salon. Des photographies bouleversantes font le tour du monde et retournent l'opinion publique. Un vaste mouvement pacifiste se développe, porté par la jeunesse et les campus universitaires. Après l'offensive du Têt en 1968, qui montre que l'ennemi est loin d'être vaincu, Washington cherche à se retirer. Les accords de Paris sont signés en 1973, et le 30 avril 1975, les chars nord-vietnamiens entrent dans Saigon. Le bilan atteint environ 3 millions de morts vietnamiens et 58 000 soldats américains. Pour les États-Unis, c'est la première grande défaite militaire de leur histoire.