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La course aux armements et la conquête spatiale (1949-1975)

Puisque les deux superpuissances ne peuvent pas s'affronter directement sans risquer de tout détruire, elles rivalisent autrement : à celle qui possédera les armes les plus puissantes et réalisera les exploits techniques les plus spectaculaires. Cette compétition va, paradoxalement, empêcher la guerre tout en terrifiant le monde entier.

Une surenchère d'armes toujours plus destructrices

Après la bombe atomique américaine de 1945 et la bombe soviétique de 1949, les deux camps se lancent dans une course aux armements effrénée. En 1952, les États-Unis font exploser la première bombe H (thermonucléaire), des centaines de fois plus puissante que celle d'Hiroshima ; l'URSS l'imite dès l'année suivante. Viennent ensuite les missiles intercontinentaux, capables de traverser un océan en une demi-heure, puis les sous-marins lanceurs d'engins, impossibles à localiser. Au plus fort de la Guerre froide, les deux blocs accumulent ensemble plus de 60 000 têtes nucléaires, de quoi détruire plusieurs fois toute vie humaine sur Terre.

L'équilibre de la terreur

De cette accumulation absurde naît une logique étrange appelée dissuasion nucléaire, ou « équilibre de la terreur ». Le raisonnement est le suivant : si chacun des deux camps est certain d'être anéanti en répliquant à une attaque, alors aucun n'a intérêt à attaquer le premier. La paix repose donc sur la peur réciproque. Cet équilibre a probablement évité une troisième guerre mondiale, mais il a fait vivre des générations entières sous la menace permanente d'une catastrophe. Dans les écoles américaines, les enfants s'entraînaient à se réfugier sous leur pupitre ; des familles construisaient des abris antiatomiques dans leur jardin.

L'URSS prend l'avantage dans l'espace

La même rivalité se joue au-dessus de nos têtes, car les fusées qui lancent des satellites sont les mêmes que celles qui transportent des bombes. Le 4 octobre 1957, l'URSS crée la stupeur mondiale en mettant en orbite Spoutnik, le premier satellite artificiel de l'histoire : une sphère métallique qui émet un simple « bip » que les radios du monde entier retransmettent. Les Américains, persuadés d'être les plus avancés, découvrent qu'ils sont dépassés. En 1961, l'URSS frappe encore plus fort : le cosmonaute Youri Gagarine devient le premier être humain à voyager dans l'espace.

Le sursaut américain et Apollo 11

Humilié, le président John F. Kennedy lance en 1961 un défi spectaculaire à son pays : envoyer un homme sur la Lune avant la fin de la décennie. Le programme Apollo mobilise 400 000 personnes et des sommes colossales. Le pari est tenu le 20 juillet 1969 : Neil Armstrong pose le pied sur la Lune, suivi de Buzz Aldrin, sous les yeux de 600 millions de téléspectateurs. C'est une victoire autant scientifique que politique, une démonstration mondiale de la supériorité technique américaine. La rivalité s'apaise ensuite : en 1975, une capsule américaine et une capsule soviétique s'amarrent l'une à l'autre dans l'espace, symbole d'une période de détente entre les deux blocs.