Nikita Khrouchtchev dirige l'Union soviétique de 1953 à 1964, né en 1894 à Kalinivka, en Ukraine, et mort en 1971. Héritier de Staline qu'il condamne publiquement, il navigue entre déstalinisation et affrontements avec l'Occident, portant la Guerre froide à son paroxysme lors de la crise des missiles de Cuba.
Identité et rôle
Lors du XXe Congrès du Parti communiste en 1956, Khrouchtchev prononce un « discours secret » qui stupéfie le monde communiste : il y dénonce les crimes de Staline, culte de la personnalité, purges, déportations, et annonce une politique de déstalinisation et de relative liberté ; le discours, censé rester confidentiel, est publié par la CIA. Il développe ensuite la doctrine de la coexistence pacifique : les deux blocs peuvent coexister sans guerre directe, la compétition se jouant sur les terrains économique, technologique et idéologique, sans pour autant exclure les crises.
Période de vie
Le 4 octobre 1957, l'URSS lance le premier satellite artificiel, Spoutnik 1, provoquant une onde de choc aux États-Unis et le début de la course à l'espace entre les deux superpuissances. Pour stopper l'hémorragie de réfugiés fuyant vers l'Ouest, trois millions depuis 1945, la RDA fait construire en une nuit le Mur de Berlin, le 13 août 1961, que Khrouchtchev présente comme un « mur antifasciste ».
Actions majeures
Face à la supériorité nucléaire américaine, Khrouchtchev décide en 1962 d'installer des missiles soviétiques à Cuba ; en octobre, Kennedy découvre les installations et impose un blocus, déclenchant treize jours de tension extrême qui mettent le monde au bord de la guerre nucléaire. Un accord secret prévoit le retrait des missiles soviétiques contre la non-invasion de Cuba, mais Khrouchtchev est perçu comme ayant reculé, ce qui affaiblit durablement son autorité.
Influence historique
En octobre 1964, alors qu'il est en vacances, le Politburo le renverse, l'accusant d'incompétence et d'aventurisme après l'épisode cubain ; remplacé par Léonid Brejnev, il est contraint à une retraite discrète jusqu'à sa mort en 1971. Khrouchtchev reste une figure contradictoire : libérateur comparé à Staline, mais auteur du Mur de Berlin et de la crise cubaine, il illustre les tensions permanentes du système soviétique.
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