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La conquête espagnole et la fin des empires
En 1519, Hernán Cortés débarque au Mexique avec environ 500 hommes. Deux ans plus tard, Tenochtitlán est tombée. En 1532, Francisco Pizarro capture l'empereur inca Atahualpa avec moins de 200 hommes. Comment quelques centaines d'hommes ont-ils pu abattre des empires de millions d'habitants ?
Ce n'est pas une histoire de courage
Trois raisons expliquent l'essentiel. D'abord les alliances : les peuples soumis aux Aztèques, écrasés de tributs, fournissent aux Espagnols des dizaines de milliers de guerriers. Sans les Tlaxcaltèques, Cortés n'aurait rien pu faire. Ensuite les armes : acier, arbalètes, canons, et surtout les chevaux, inconnus en Amérique. Enfin, chez les Incas, une guerre civile venait tout juste de déchirer l'empire entre deux frères rivaux.
La vraie arme : les maladies
Le facteur décisif n'a été voulu par personne. Les Européens apportent la variole, la rougeole, la grippe, le typhus. Les habitants du continent américain n'y avaient jamais été exposés et n'avaient aucune défense immunitaire. Les épidémies avancent plus vite que les conquistadors, tuant parfois avant même que les Espagnols n'arrivent. En un siècle, la population du continent chute de peut-être 90 %. C'est l'un des plus grands effondrements démographiques de l'histoire humaine.
Des voix qui protestent
Tous les Espagnols n'approuvent pas. Le dominicain Bartolomé de Las Casas, d'abord colon, devient le défenseur acharné des Amérindiens et écrit un réquisitoire terrible contre les abus de ses compatriotes. En 1550, à Valladolid, on débat officiellement de la question : les Indiens sont-ils des hommes comme les autres, avec les mêmes droits ? Que la question ait dû être posée en dit long.
Ce qui reste
Les civilisations précolombiennes ne se sont pas évanouies. Des dizaines de millions de personnes parlent aujourd'hui le nahuatl, le quechua, l'aymara ou une langue maya, et l'Amérique latine actuelle est née du mélange, souvent violent, de ces mondes.