Le Siècle des Lumières (1715-1789)

Le Siècle des Lumières désigne le mouvement intellectuel qui domine le XVIIIe siècle en Europe. Ses acteurs, qui se nomment eux-mêmes philosophes, défendent la primauté de la raison dans la compréhension du monde et la critique des institutions. Le terme "Lumières" (Enlightenment en anglais, Aufklärung en allemand) exprime l'idée d'un progrès des connaissances contre l'obscurantisme et les préjugés.

Les grandes idées

Les Lumières constituent un ensemble cohérent de valeurs et de revendications. Les philosophes défendent la liberté de penser et d'exprimer ses idées, la tolérance religieuse, l'égalité devant la loi, la critique de l'absolutisme monarchique et la confiance dans le progrès scientifique comme moyen d'améliorer la condition humaine. Ces idées, exprimées par Voltaire, Montesquieu, Rousseau, Diderot et d'Alembert en France, circulent dans toute l'Europe grâce aux livres, aux salons littéraires et aux correspondances.

Un mouvement européen

Les Lumières ne se limitent pas à la France. En Angleterre, John Locke théorise les droits naturels et la séparation des pouvoirs dès la fin du XVIIe siècle, Adam Smith pose les bases de l'économie libérale. En Allemagne, Kant synthétise le mouvement dans son essai Qu'est-ce que les Lumières ? (1784). Certains souverains adoptent partiellement ces idées : on les nomme despotes éclairés, comme Frédéric II de Prusse ou Catherine II de Russie.

Un héritage politique durable

Les idées des Lumières débordent les livres et inspirent directement les grandes révolutions de la fin du XVIIIe siècle. La Déclaration d'indépendance américaine (1776) et la Révolution française (1789) s'appuient explicitement sur ces principes. La séparation des pouvoirs, les droits de l'homme et la souveraineté populaire, principes fondateurs des démocraties modernes, sont directement issus de cette pensée.