Voltaire et le combat pour la tolérance (1694-1778)

François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778), est la figure emblématique du Siècle des Lumières en France. Dramaturge, romancier, historien, polémiste, il produit une œuvre immense et met sa plume au service du combat contre l'intolérance, le fanatisme et l'injustice.

Une vie de combats

Voltaire emprisonné à la Bastille (1717 et 1726), exilé en Angleterre (1726-1729), puis en Suisse et à Ferney où il passe les vingt dernières années de sa vie, est en conflit permanent avec les pouvoirs religieux et civils. Il correspond avec les principaux monarques d'Europe et entretient un réseau d'influence considérable. L'affaire Calas (1762) illustre son engagement : le protestant Jean Calas est condamné à mort sur la base d'une accusation fausse. Voltaire se bat plusieurs années pour obtenir la réhabilitation de la famille, y parvient en 1765 et rédige à cette occasion son Traité sur la tolérance (1763).

Ses œuvres principales

Les Lettres philosophiques (1734) comparent favorablement la liberté anglaise à l'absolutisme français. Candide (1759), conte philosophique, dénonce par le récit d'un voyage grotesque l'optimisme naïf et les horreurs du monde (esclavage, inquisition, guerre). Le Dictionnaire philosophique (1764) déconstruit les préjugés et les superstitions de manière systématique.

Un héritage intellectuel et moral

Voltaire incarne le principe que l'intellectuel a le devoir de prendre position dans les affaires publiques. Il meurt à 83 ans en 1778, transféré au Panthéon en 1791. Sa devise "écraser l'infâme" (le fanatisme religieux) reste l'une des formules les plus célèbres du XVIIIe siècle.