La crise de l'Ancien Régime (1774-1789)
La période 1774-1789 voit se conjuguer en France plusieurs crises simultanées qui rendent la monarchie absolue de plus en plus difficile à maintenir. Ce système, désigné rétrospectivement sous le nom d'Ancien Régime, repose sur une société d'ordres héritée du Moyen Âge et une organisation du pouvoir qui prive la majorité des Français de toute représentation politique.
Une crise politique et sociale
Louis XVI, roi depuis 1774, est perçu comme hésitant et incapable de conduire les réformes indispensables. La société française reste divisée en trois ordres profondément inégaux : le clergé et la noblesse (environ 3 % de la population) bénéficient de privilèges fiscaux considérables, tandis que le Tiers état (97 % des Français) supporte la quasi-totalité des impôts. La bourgeoisie, enrichie par le commerce et instruite par les Lumières, ne supporte plus d'être exclue du pouvoir politique.
Une crise financière et économique
La participation française à la guerre d'Indépendance américaine (1776-1783) creuse des dettes considérables. En 1788, des récoltes catastrophiques (grêle, gel, sécheresse) font exploser le prix du pain, rendant la nourriture inaccessible pour une partie de la population urbaine. L'État est au bord de la faillite et ne peut plus fonctionner sans lever de nouveaux impôts.
Le déclencheur : les États généraux
Face à l'impossibilité d'emprunter davantage, Louis XVI convoque les États généraux le 5 mai 1789 à Versailles, pour la première fois depuis 1614. Le Tiers état réclame une représentation égale à celle des deux ordres réunis. Devant le refus, ses représentants se proclament Assemblée nationale le 17 juin 1789, affirmant que la souveraineté appartient à la nation. La Révolution française commence.