Le commerce triangulaire et l'esclavage (XVIIe-XVIIIe siècle)

Entre le XVIe et le XIXe siècle, le commerce triangulaire organise la déportation de millions d'êtres humains d'Afrique vers les Amériques. Ce système est appelé "triangulaire" parce que les navires suivent un circuit en trois étapes entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique.

Le fonctionnement du système

Les navires quittent les grands ports européens (Nantes, Bordeaux, Bristol, Liverpool) chargés de marchandises (armes, textiles, alcool) échangées contre des captifs africains, souvent vendus par des chefs locaux. Cette deuxième étape, la traversée du milieu, consiste à traverser l'Atlantique avec les captifs entassés dans des conditions inhumaines : peu de nourriture, maladies, chaleur. Entre 15 et 20 % des captifs meurent pendant la traversée. Les survivants sont vendus comme esclaves dans les plantations de sucre, de café, de tabac ou de coton des Antilles et d'Amérique. Les navires rentrent en Europe chargés de ces productions.

Le cadre légal de l'esclavage

En 1685, Louis XIV signe le Code noir, qui réglemente l'esclavage dans les colonies françaises. Ce texte définit les esclaves comme des biens meubles (propriété de leur maître), autorise les punitions corporelles et prive les esclaves de tout droit. On estime entre 12 et 15 millions le nombre d'Africains déportés vers les Amériques, dont environ 1,3 million par des navires français (Nantes étant le premier port négrier de France).

La lutte pour l'abolition

Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières critiquent le fondement même de l'esclavage : Montesquieu dans De l'esprit des lois (1748) et Voltaire dans Candide (1759). La Société des amis des Noirs est fondée en 1788. L'esclavage est aboli une première fois en France en 1794, mais Napoléon le rétablit en 1802. L'abolition définitive est prononcée le 27 avril 1848 par Victor Schœlcher.