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Le voyage chez les morts

Pour savoir comment rentrer chez lui, Ulysse doit interroger Tirésias, un devin aveugle mort depuis longtemps. Sur les conseils de Circé, il navigue jusqu'au bout du monde, là où le soleil ne brille jamais, au bord du fleuve Océan qui entoure la terre. C'est là que s'ouvre le royaume d'Hadès, le monde des morts que les Grecs appellent les Enfers.

Un rituel pour faire venir les ombres

Ulysse ne descend pas vraiment sous terre. Il creuse une fosse, verse du lait, du miel et du vin, puis sacrifie un bélier et une brebis noirs. Attirées par le sang, les âmes des morts sortent par milliers. Ce sont des ombres, pâles et sans force, qui ne peuvent parler qu'après avoir bu le sang du sacrifice.

La prophétie de Tirésias

Tirésias annonce à Ulysse qu'il rentrera, mais seulement s'il épargne les vaches du dieu Soleil sur l'île de Thrinacie. Sinon, il perdra tous ses compagnons et arrivera seul, sur un navire étranger, pour trouver sa maison envahie.

Des rencontres bouleversantes

Ulysse reconnaît sa propre mère, Anticlée, morte de chagrin en l'attendant. Trois fois, il essaie de la serrer dans ses bras, trois fois elle s'échappe comme une fumée. Il croise aussi ses anciens compagnons de Troie. Le roi Agamemnon lui raconte qu'il a été tué par sa femme à son retour. Le grand guerrier Achille lui fait une confidence célèbre : il préférerait être le serviteur d'un pauvre paysan sur terre que régner sur tous les morts.

Ce que croyaient les Grecs

Ce chant montre comment les Grecs imaginaient la mort : non pas un paradis ou un enfer, mais un monde gris et triste où tous les morts se retrouvent. C'est pourquoi la gloire acquise de son vivant, et le souvenir que l'on laisse aux vivants, comptaient tant pour eux.