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L'héritage de l'Odyssée
Près de 2 800 ans après sa composition, l'Odyssée se lit encore partout dans le monde. Elle est l'un des textes fondateurs de la culture européenne, et ses héros sont toujours présents autour de nous, souvent sans qu'on le sache.
Des mots venus d'Homère
Le nom grec d'Ulysse, Odysseus, a donné le mot odyssée, qui désigne un long voyage plein d'aventures. Un mentor est un conseiller, du nom de l'ami dont Athéna prend l'apparence pour guider Télémaque. On parle d'un « travail de Pénélope » pour une tâche sans fin, de « tomber de Charybde en Scylla » quand une situation empire. Et un « cheval de Troie » est aujourd'hui un logiciel malveillant qui se cache dans un programme d'apparence innocente.
Une source d'inspiration sans fin
Dès l'Antiquité, les poètes grecs et latins reprennent l'histoire. Le Romain Virgile, au Ier siècle avant J.-C., raconte dans l'Énéide la chute de Troie et le voyage d'un autre héros, Énée. Au XVIe siècle, le roi François Ier commande des peintures de la vie d'Ulysse pour une galerie entière du château de Fontainebleau. En 1699, Fénelon écrit Les Aventures de Télémaque pour l'éducation du petit-fils de Louis XIV. Au XXe siècle, l'Irlandais James Joyce transpose l'Odyssée dans la ville de Dublin avec son roman Ulysse (1922), et le film 2001, l'Odyssée de l'espace (1968) emporte le mot jusque dans les étoiles.
Pourquoi la lit-on encore ?
L'Odyssée parle de choses que tout le monde connaît : l'envie de rentrer chez soi, la peur de l'inconnu, la fidélité, l'intelligence qui triomphe de la force. Ulysse n'est pas un héros parfait. Il est rusé, curieux, parfois orgueilleux, et il perd tous ses compagnons. C'est peut-être pour cela qu'il nous ressemble. En 2019, le musée du Louvre-Lens a consacré une grande exposition à Homère, montrant comment artistes et écrivains n'ont jamais cessé de revenir à ses poèmes.