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Leif Erikson et le Vinland

Cinq cents ans avant Christophe Colomb, des Européens ont posé le pied en Amérique. Et ce n'est pas une légende : l'archéologie l'a prouvé.

D'île en île

Les Vikings colonisent d'abord les Féroé, puis l'Islande vers 870. Vers 985, Erik le Rouge, banni d'Islande pour meurtre, part vers l'ouest et fonde une colonie sur une terre glacée qu'il baptise Groenland, « pays vert » : sans doute la première opération de publicité mensongère de l'histoire, destinée à attirer des colons.

Le voyage de Leif

Vers l'an 1000, son fils Leif Erikson pousse encore plus à l'ouest, sur la foi du récit d'un marin qui avait aperçu des côtes en dérivant. Il découvre successivement le Helluland (« pays des pierres plates »), le Markland (« pays des forêts ») et le Vinland, « pays de la vigne », où poussent des baies et où l'herbe est abondante.

La preuve à L'Anse aux Meadows

En 1960, l'archéologue norvégien Helge Ingstad et son épouse Anne Stine, guidés par les sagas et par un habitant du coin, trouvent à L'Anse aux Meadows, au nord de Terre-Neuve, les restes de huit bâtiments scandinaves, une forge et des objets typiques, dont une épingle en bronze et un fuseau. En 2021, l'analyse d'un cerne d'arbre coupé au métal a permis de dater précisément l'occupation de l'an 1021.

Pourquoi cela n'a pas duré

Les colons sont trop peu nombreux, à des semaines de mer de toute base, et les relations avec les populations locales, qu'ils appellent skrælings, tournent vite à l'affrontement. Après quelques années, ils repartent. La découverte reste dans les sagas islandaises, mais l'Europe n'en tire rien : presque personne, en 1492, ne s'en souvient.