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Les bateaux vikings et l'art de naviguer
Toute la puissance viking tient dans un objet : le bateau. Le mot « drakkar » est en fait une invention du XIXe siècle ; les Scandinaves disaient langskip, « bateau long », pour les navires de guerre, et knörr pour les navires de charge, plus larges et plus ventrus.
Un chef-d'œuvre de charpenterie
La coque est faite de planches qui se chevauchent comme des tuiles (technique dite « à clin »), fixées par des rivets de fer et calfatées avec du poil animal goudronné. Résultat : une coque légère et souple, qui se tord dans la houle au lieu de casser. Le tirant d'eau est d'à peine un mètre : le bateau peut remonter les fleuves très loin à l'intérieur des terres, et s'échouer directement sur une plage.
Rapide et polyvalent
Avec sa grande voile carrée, un langskip peut dépasser 10 nœuds, soit près de 20 km/h. Sans vent, l'équipage rame. Le gouvernail est une grande rame fixée à tribord : le mot anglais starboard vient de là. Un même navire peut donc traverser l'Atlantique, remonter la Seine, et être tiré sur des rondins pour passer d'un fleuve à un autre en Russie.
Naviguer sans boussole
Les Vikings n'ont ni boussole ni carte. Ils naviguent à l'estime : ils connaissent la hauteur du soleil à midi selon la latitude, observent les vols d'oiseaux, la couleur de l'eau, les nuages qui se forment au-dessus d'une terre encore invisible, la houle. Les sagas mentionnent une mystérieuse sólarsteinn, « pierre de soleil », peut-être un cristal capable de repérer la position du soleil à travers les nuages.
Ce qu'on a retrouvé
Les navires d'Oseberg et de Gokstad, en Norvège, retrouvés presque intacts parce qu'ils servaient de tombeaux, permettent aujourd'hui d'en construire des répliques exactes. Plusieurs ont refait la traversée de l'Atlantique.