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Les trois unificateurs du Japon
Un proverbe japonais résume l'unification du pays par une image : Nobunaga pile le riz, Hideyoshi pétrit la pâte, et Ieyasu mange le gâteau. Trois hommes, trois caractères, un même objectif atteint en trente-cinq ans.
Oda Nobunaga, celui qui brise
Nobunaga est un innovateur brutal. À la bataille de Nagashino (1575), il aligne 3 000 arquebusiers derrière des palissades et tirant par salves successives, et anéantit la fameuse cavalerie du clan Takeda. Il détruit le pouvoir militaire des grands monastères bouddhistes, accueille les jésuites portugais par curiosité et par calcul, et supprime les péages intérieurs pour développer le commerce. Il contrôle un tiers du pays quand il est trahi par un de ses généraux en 1582 et se donne la mort.
Toyotomi Hideyoshi, celui qui organise
Fils de paysan devenu porte-sandales de Nobunaga, Hideyoshi venge son maître en treize jours et prend sa succession. Il achève l'unification en 1590. Puis il fige la société : la « grande chasse aux sabres » désarme tous les paysans, et un édit interdit de changer de statut. On naît samouraï, paysan, artisan ou marchand, et on le reste. Ses deux invasions désastreuses de la Corée (1592 et 1597) ruinent son prestige.
Tokugawa Ieyasu, celui qui dure
Patient (il aurait dit que si l'oiseau ne chante pas, il faut attendre qu'il chante), Ieyasu l'emporte à la bataille de Sekigahara en 1600, la plus grande bataille de l'histoire du Japon féodal. En 1603, il se fait nommer shogun et installe son gouvernement à Edo, l'actuelle Tokyo.
Un système fait pour durer
En 1635, ses successeurs imposent aux daimyos le sankin-kotai : chaque seigneur doit résider un an sur deux à Edo et y laisser sa famille en otage le reste du temps. Ruineux en déplacements, impossible à contourner. La dynastie de Ieyasu gouvernera 265 ans.