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L'époque Edo et la fermeture du pays

À partir de 1633, les shoguns Tokugawa promulguent une série d'édits qu'on appellera le sakoku, « pays fermé ». Il est interdit aux Japonais de quitter le pays, et interdit à ceux qui sont à l'étranger de revenir, sous peine de mort. Les navires de haute mer sont interdits de construction.

Pourquoi se fermer ?

La cause principale est le christianisme. Les missionnaires portugais et espagnols ont converti plusieurs centaines de milliers de Japonais, et le shogunat y voit un cheval de Troie : une allégeance à un pouvoir étranger, le pape, et le risque de suivre le sort des Philippines colonisées par l'Espagne. La révolte de Shimabara (1637), largement chrétienne, achève de les convaincre. La répression est féroce.

Une porte laissée entrouverte

La fermeture n'est pas totale. Sur l'îlot artificiel de Dejima, dans le port de Nagasaki, une poignée de marchands hollandais (protestants, donc jugés moins soucieux de convertir) sont autorisés à commercer, sous surveillance stricte. Par ce minuscule guichet passent des livres européens de médecine, d'astronomie et de physique, étudiés par une école de savants japonais appelée rangaku, « études hollandaises ». Le Japon reste ainsi informé de loin des progrès occidentaux.

Deux siècles et demi de paix

Le résultat est spectaculaire : plus de guerre pendant 250 ans. Edo devient l'une des plus grandes villes du monde, avec plus d'un million d'habitants, avec un taux d'alphabétisation très élevé. C'est l'âge d'or de l'estampe (Hokusai, Hiroshige), du théâtre kabuki, du haïku avec Bashô, des maisons de thé et des romans populaires.

Le prix à payer

Pendant ces deux siècles et demi, l'Europe connaît la révolution scientifique puis la révolution industrielle. Quand le Japon rouvrira ses portes en 1853, il découvrira un écart technique béant, qu'il comblera avec une rapidité stupéfiante.