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Les invasions mongoles et le kamikaze

Après avoir conquis la Chine et la Corée, Kubilai Khan envoie des ambassadeurs exiger la soumission du Japon. Le régent Hojo refuse, et fait même exécuter les envoyés : un affront impardonnable pour les Mongols.

1274 : le premier choc

Une flotte de plusieurs centaines de navires débarque dans la baie de Hakata. Les samouraïs, habitués aux duels individuels annoncés à voix haute, découvrent une guerre qu'ils ne connaissent pas : formations serrées, tirs de flèches groupés, tambours et gongs pour manœuvrer, et des bombes explosives en céramique, sans doute la première utilisation de la poudre contre eux. Après une journée de combat difficile, la flotte se rembarque pour la nuit ; une tempête la disperse.

Sept ans de préparatifs

Les Japonais ne perdent pas de temps. Ils construisent un mur de pierre de plus de vingt kilomètres le long de la baie, entraînent leurs guerriers, préparent des barques d'abordage rapides. Quand la seconde invasion arrive en 1281 (selon les chroniques, 4 400 navires et peut-être 140 000 hommes, l'une des plus grandes opérations amphibies avant 1944), le mur tient. Les Mongols restent bloqués sur leurs bateaux pendant des semaines.

Le vent divin

En août 1281, un typhon balaie la flotte et la détruit presque entièrement. Les Japonais y voient l'intervention des dieux et nomment cette tempête kamikaze, « vent divin ». L'archéologie sous-marine a retrouvé des épaves qui suggèrent une autre explication complémentaire : beaucoup de navires étaient des bateaux fluviaux réquisitionnés en Chine, mal adaptés à la haute mer.

Des conséquences inattendues

Le Japon est sauvé, mais le shogunat sort ruiné de l'effort de guerre. Or, contre un envahisseur, il n'y a aucune terre conquise à distribuer aux guerriers qui ont combattu. Le mécontentement des samouraïs non récompensés contribuera à la chute du shogunat de Kamakura en 1333. Quant au mot kamikaze, il ressurgira en 1944.