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L'arrivée de Perry et la fin des shoguns
Le 8 juillet 1853, quatre navires de guerre américains commandés par le commodore Matthew Perry entrent dans la baie d'Edo. Deux d'entre eux sont à vapeur, crachent une fumée noire et remontent le vent sans voiles : les Japonais les appellent les « bateaux noirs ». Perry exige l'ouverture du pays au commerce et annonce qu'il reviendra chercher la réponse.
Un ultimatum impossible à refuser
Il revient en 1854 avec neuf navires. Le shogunat, dont les canons côtiers sont dépassés, n'a pas les moyens de résister. Il signe la convention de Kanagawa, puis d'autres « traités inégaux » avec les puissances occidentales : ports ouverts, tarifs douaniers imposés, étrangers échappant à la justice japonaise. L'humiliation est immense.
La crise politique
Le shogunat, incapable de protéger le pays, perd toute légitimité. Un mouvement se forme autour d'un mot d'ordre : « Révérer l'empereur, expulser les barbares ». Les domaines de Satsuma et de Choshu, dans le sud-ouest, tentent d'ailleurs d'expulser les étrangers par les armes, et sont bombardés par les flottes occidentales. La leçon est immédiate : on ne chasse pas les barbares sans leur technologie.
1868, la restauration Meiji
Une courte guerre civile aboutit en 1868 à la démission du dernier shogun et à la restauration du pouvoir impérial autour du jeune empereur Meiji. La capitale est transférée à Edo, renommée Tokyo, « capitale de l'Est ».
Une transformation record
En une génération, le Japon abolit les statuts héréditaires et les privilèges des samouraïs, adopte une constitution, crée une armée de conscription, des chemins de fer, des banques, l'école obligatoire, et envoie des missions étudier les meilleurs modèles étrangers. En 1905, il bat la Russie : pour la première fois, une puissance asiatique l'emporte sur une puissance européenne. Le monde ne verra plus jamais le Japon de la même façon.