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La Déclaration d'indépendance
Le 4 juillet 1776, à Philadelphie, le Congrès continental adopte un texte rédigé principalement par Thomas Jefferson, 33 ans, et relu par Benjamin Franklin et John Adams. Les treize colonies s'y déclarent « États libres et indépendants ».
La phrase qui a changé le monde
« Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par leur Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. » L'expression « recherche du bonheur » est une nouveauté : Locke parlait de propriété. Faire du bonheur un droit politique était inédit.
Un argumentaire, pas seulement une proclamation
Le texte est construit comme une plaidoirie. Il pose d'abord un principe : les gouvernements tirent leur pouvoir du consentement des gouvernés, et le peuple peut en changer s'ils deviennent destructeurs de ses droits. Puis il énumère vingt-sept griefs précis contre le roi George III. C'est un document destiné à convaincre l'opinion européenne, en particulier la France, qu'il s'agit d'une cause juste et non d'une simple sédition.
Le paragraphe supprimé
Jefferson avait rédigé un passage accusant le roi d'avoir imposé la traite des esclaves aux colonies. Les délégués de Caroline du Sud et de Géorgie ont exigé sa suppression. Jefferson lui-même possédait plus de six cents esclaves au cours de sa vie. Cette contradiction, dénoncée dès l'époque, restera l'angle mort de la révolution américaine.
Une portée mondiale
La Déclaration est traduite et lue partout en Europe. Elle inspire directement la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : La Fayette en rédigera un projet avec l'aide de Jefferson, alors ambassadeur à Paris. Le 4 juillet est aujourd'hui la fête nationale des États-Unis.