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Marco Polo en Chine
En 1271, un marchand vénitien de dix-sept ans, Marco Polo, part avec son père et son oncle pour la cour du grand khan. Il ne reviendra qu'en 1295, après vingt-quatre ans d'absence et quelque 25 000 kilomètres de voyage.
Au service de Kubilai
D'après son récit, Kubilai Khan l'apprécie et l'emploie comme envoyé dans les provinces de l'empire pendant dix-sept ans. Marco Polo découvre des choses qui n'existent nulle part en Europe : le papier-monnaie, le charbon brûlé comme combustible, la poste impériale, des villes d'un million d'habitants, des ponts de pierre à des dizaines d'arches, l'usage du bain quotidien.
Un livre écrit en prison
De retour à Venise, Marco Polo est fait prisonnier lors d'une guerre contre Gênes. Dans sa cellule, il raconte ses voyages à un compagnon de captivité, l'écrivain Rustichello de Pise, qui les met par écrit. Le Livre des merveilles (ou Devisement du monde) devient l'un des plus grands succès du Moyen Âge, recopié à la main dans toute l'Europe.
Menteur ou pas ?
Beaucoup de contemporains ne le croient pas : on le surnomme « Marco Millions », tant ses chiffres semblent énormes. Les historiens modernes ont relevé des oublis troublants (il ne parle ni de la Grande Muraille, ni du thé, ni des pieds bandés), et certains doutent qu'il soit allé jusqu'en Chine. Mais il décrit avec exactitude des détails qu'on ne pouvait pas inventer : la production de sel, le fonctionnement du papier-monnaie, les itinéraires. La plupart des spécialistes le tiennent pour globalement sincère.
Sa vraie influence
Deux siècles plus tard, un navigateur génois lit et annote abondamment son exemplaire du Livre des merveilles. Il s'appelle Christophe Colomb, et il cherche justement le pays de ce grand khan si riche. Marco Polo a donc contribué, sans le savoir, à la découverte de l'Amérique.