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L'armée mongole et l'arc composite
Comment une armée toujours inférieure en nombre a-t-elle pu battre la Chine, la Perse, la Russie et les chevaliers hongrois ? La réponse tient en trois mots : mobilité, discipline, renseignement.
L'arc composite
L'arme principale est un arc composite : un mélange de bois, de corne et de tendon collés, court mais extrêmement puissant, capable d'envoyer une flèche à plus de 300 mètres. Assez court pour être utilisé à cheval, dans toutes les directions, y compris en se retournant vers l'arrière, la fameuse « flèche du Parthe ». Un cavalier mongol emporte plusieurs types de pointes : perforantes contre les armures, larges contre les chevaux.
Vivre sans convoi
Une armée européenne traîne derrière elle des charrettes de ravitaillement, ce qui la ralentit terriblement. Les Mongols, eux, mènent leurs troupeaux avec eux, boivent du lait de jument fermenté (l'airag), mangent de la viande séchée réduite en poudre, et chaque cavalier dispose de trois à cinq chevaux de rechange. Ils peuvent parcourir 100 kilomètres par jour pendant des semaines.
Manœuvrer sans se parler
Sur le champ de bataille, les ordres passent par des drapeaux de signalisation le jour et des torches la nuit, ce qui permet de coordonner des unités éloignées de plusieurs kilomètres. Leur manœuvre favorite est la fausse retraite : ils simulent la déroute, l'ennemi rompt sa formation pour les poursuivre, et se retrouve encerclé. Les chevaliers hongrois s'y sont laissé prendre à Mohi en 1241.
Espionner avant d'attaquer
Avant chaque campagne, les Mongols envoient des marchands et des éclaireurs relever les routes, les points d'eau, les rivalités politiques locales. Ils propagent aussi délibérément la terreur : une ville qui se rend est épargnée, une ville qui résiste est détruite en exemple. Le message circule, et beaucoup de villes ouvrent leurs portes sans combattre.