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La Horde d'or et la Russie
En 1237, une armée mongole conduite par Batu, petit-fils de Gengis Khan, entre en Russie. Ce qui suit est unique dans l'histoire militaire : c'est l'une des très rares fois où une grande armée a mené une campagne d'hiver victorieuse en Russie. Là où Napoléon et Hitler échoueront, les Mongols réussissent, parce que le gel transforme les marécages et les fleuves en autoroutes pour la cavalerie.
Les principautés tombent
Riazan, Vladimir, puis Kiev en 1240 sont prises et dévastées. Les principautés russes, divisées et incapables de s'unir, tombent l'une après l'autre. Seules Novgorod et Pskov, protégées par les marais du dégel printanier, échappent à la conquête.
Deux siècles de « joug tatar »
Les Mongols n'occupent pas directement le pays. Ils installent leur capitale, Saraï, sur la basse Volga, et laissent les princes russes gouverner à condition qu'ils versent un lourd tribut et viennent chercher leur investiture à la cour du khan. Celui qui collecte l'impôt pour les Mongols en tire un pouvoir considérable : c'est ainsi que Moscou, jusque-là bourgade sans importance, devient la principauté dominante.
Un héritage durable
Cette période, appelée le « joug tatar », coupe la Russie de l'Europe occidentale pendant deux siècles et demi : elle ne connaîtra ni la scolastique, ni la Renaissance au même moment. Certains historiens y voient l'origine de traits durables de l'État russe : centralisation forte, recensement systématique de la population, service postal, et le titre même de tsar revendiqué face aux khans.
La fin
Après la victoire de Koulikovo en 1380 et surtout la « grande halte sur l'Ougra » en 1480, où les deux armées se font face sans combattre avant que les Mongols ne se retirent, Moscou cesse de payer le tribut. La Russie est indépendante, et va commencer, à son tour, à s'étendre vers l'est.