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La paix mongole et la route de la soie
Une fois les conquêtes achevées, l'immensité de l'empire produit un effet inattendu : pour la première fois, un voyageur peut aller de la mer Noire à Pékin sous une seule autorité, sans franchir vingt frontières ni payer vingt péages. On appelle cela la Pax Mongolica, la paix mongole.
Un dicton de l'époque
Les chroniqueurs disaient qu'une jeune fille portant un plat d'or sur la tête pouvait traverser l'empire sans être inquiétée. C'est évidemment exagéré, mais cela dit la réalité : les Mongols protégeaient farouchement les routes commerciales, parce que le commerce était leur principale source de revenus. Attaquer une caravane, c'était s'attaquer au khan.
Ce qui circule
Soie, porcelaine et épices vers l'ouest ; verre, chevaux, tissus vers l'est. Mais surtout des techniques et des idées : l'imprimerie, la poudre à canon et la boussole passent de Chine vers l'ouest à ce moment-là. Des médecins chinois travaillent en Perse, des astronomes persans en Chine, des artisans français à la cour mongole : l'orfèvre parisien Guillaume Boucher a fabriqué une fontaine à boissons pour le palais de Karakorum.
Le yam, un service de poste
Les Mongols mettent en place le yam, un réseau de relais espacés d'une trentaine de kilomètres, avec chevaux frais, nourriture et logement. Un messager muni d'une plaque de passage, le paiza, peut couvrir plus de 300 kilomètres par jour en changeant de monture. Peu de systèmes d'information aussi rapides existeront avant le télégraphe.
Le revers de la médaille
Cette même circulation transporte aussi les microbes. C'est très probablement par les routes mongoles que la peste noire est partie d'Asie centrale pour atteindre la mer Noire en 1346, puis l'Europe l'année suivante. La mondialisation avant l'heure a eu ce prix.