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La querelle des images
Pendant plus d'un siècle, l'Empire byzantin se déchire sur une question qui peut sembler étrange : a-t-on le droit de représenter Dieu et les saints en image ? Cette crise, appelée iconoclasme (du grec « briseur d'images »), provoque des émeutes, des exils et des exécutions.
Deux camps
Les iconoclastes invoquent le commandement biblique interdisant les idoles : prier devant une image peinte, c'est adorer du bois et de la peinture. Les iconodoules, partisans des images, répondent que puisque Dieu s'est fait homme en Jésus, on peut le représenter, et que l'on vénère la personne représentée, pas la planche.
Une décision impériale
Selon les chroniqueurs, en 726, l'empereur Léon III fait retirer l'icône du Christ qui surplombait la porte du palais. La foule s'en prend aux ouvriers. Pendant des décennies, les icônes sont détruites par milliers, les monastères persécutés, les moines-peintres exilés. C'est pourquoi il subsiste très peu d'art byzantin antérieur à cette période : une grande partie a été détruite par les Byzantins eux-mêmes.
Le triomphe de l'orthodoxie
Deux impératrices jouent un rôle décisif dans le rétablissement des images : Irène en 787, puis Théodora en 843. Cette date est encore célébrée chaque année par l'Église orthodoxe sous le nom de « Triomphe de l'Orthodoxie ». Les icônes deviennent ensuite un art codifié, hérité jusqu'à aujourd'hui en Grèce, en Russie et dans les Balkans.
Un débat qui revient
La même question resurgira en Europe au XVIe siècle, lors de la Réforme protestante, quand des églises seront à leur tour vidées de leurs statues et de leurs vitraux. La querelle des images n'est donc pas une bizarrerie byzantine : c'est une tension durable du christianisme.