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La chute de Constantinople
Au printemps 1453, le sultan ottoman Mehmed II, 21 ans, met le siège devant Constantinople avec peut-être 80 000 hommes. Dans la ville, l'empereur Constantin XI ne dispose que de 7 000 défenseurs pour 20 kilomètres de murailles. L'empire romain, qui a duré près de 1 500 ans, joue ses dernières semaines.
Le canon change tout
Mehmed II a fait fondre par un ingénieur hongrois nommé Urban une bombarde géante de plus de 8 mètres, tirant des boulets de pierre d'une demi-tonne. Elle ne tire que quelques coups par jour et doit refroidir entre chaque, mais elle finit par ouvrir des brèches dans des murailles réputées imprenables depuis mille ans. C'est le début de la fin des châteaux forts partout en Europe.
Des navires par-dessus la colline
Les Byzantins ont tendu la grande chaîne qui ferme la Corne d'Or : la flotte ottomane ne peut pas entrer. Mehmed fait alors construire une piste de rondins graissés et fait tirer ses navires par voie de terre, par-dessus une colline, pour les remettre à l'eau derrière la chaîne. Les défenseurs se retrouvent attaqués sur un front qu'ils croyaient sûr.
Le dernier assaut
Le 29 mai 1453, après 53 jours de siège, l'assaut final est lancé avant l'aube. Constantin XI, dit-on, ôte ses insignes impériaux pour combattre comme un simple soldat ; son corps n'a jamais été identifié. La ville tombe. Mehmed II, désormais surnommé Fatih, « le Conquérant », entre à cheval dans Sainte-Sophie et en fait une mosquée.
Des conséquences immenses
La date sert souvent de borne entre le Moyen Âge et les Temps modernes. Des savants grecs fuient vers l'Italie avec leurs manuscrits, nourrissant la Renaissance. Les routes commerciales vers l'Asie devenant plus difficiles et plus chères, les Européens cherchent une autre voie vers les Indes, et se lancent sur l'Atlantique.