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Le schisme de 1054 et la quatrième croisade
Rome et Constantinople sont depuis longtemps les deux capitales du christianisme, et depuis longtemps elles s'agacent mutuellement. En 1054, la rupture devient officielle : les envoyés du pape et le patriarche de Constantinople s'excommunient réciproquement. C'est le Grand Schisme entre catholiques et orthodoxes, qui dure encore.
Des désaccords de fond et de forme
On se dispute sur des points de doctrine (l'ajout du Filioque au Credo), sur le pain de la messe (avec ou sans levain), sur le mariage des prêtres. Mais le fond du problème est politique : le pape se veut le chef de tous les chrétiens, tandis que les orthodoxes reconnaissent plusieurs patriarches égaux entre eux.
Une croisade qui se trompe de cible
En 1202, la quatrième croisade part pour l'Égypte. Les croisés n'ont pas de quoi payer les navires vénitiens commandés. Venise leur propose de régler leur dette en services, une querelle de succession byzantine sert de prétexte, et l'expédition dévie. En avril 1204, des croisés chrétiens prennent d'assaut Constantinople, capitale chrétienne, et la pillent pendant trois jours.
Un désastre irréparable
Le sac de 1204 est l'une des destructions culturelles les plus lourdes de l'histoire européenne : bibliothèques brûlées, statues antiques fondues pour le métal, reliques et œuvres emportées. Les fameux chevaux de bronze de la basilique Saint-Marc, à Venise, viennent de là. Un empire latin est installé à Constantinople pour près de soixante ans.
Ce qu'il en reste
Les Byzantins reprennent leur capitale en 1261, mais l'empire n'est plus qu'une ombre : appauvri, réduit, incapable de se défendre. En pratique, 1204 a condamné 1453. En 2001, le pape Jean-Paul II a présenté des excuses officielles pour ce sac.