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Constantinople, la nouvelle Rome
En 330, l'empereur Constantin inaugure une capitale toute neuve sur le site de la vieille colonie grecque de Byzance. Il l'appelle « Nouvelle Rome », mais tout le monde dira Constantinople, « la ville de Constantin ». C'est aujourd'hui Istanbul.
Le meilleur emplacement du monde
Regarde une carte : la ville occupe une pointe de terre entre l'Europe et l'Asie, au bord du Bosphore, le détroit qui relie la mer Noire à la Méditerranée. Elle contrôle donc à la fois la route maritime nord-sud et la route terrestre est-ouest. En prime, un port naturel exceptionnel, la Corne d'Or, qu'on pouvait fermer en tendant une énorme chaîne en travers de l'entrée.
Des murailles inviolables
Au Ve siècle, l'empereur Théodose II fait construire les fameuses murailles de Théodose : un fossé, puis un premier mur, puis un second mur plus haut de 12 mètres avec 96 tours. Pendant plus de mille ans, aucune armée ne parviendra à les forcer. En 1204, les croisés entrent par les murailles du côté de la mer ; en 1453, ce sont les canons ottomans qui ouvrent des brèches dans les murs terrestres.
Une ville de merveilles
Constantinople compte à son apogée peut-être 500 000 habitants, avec des aqueducs, des citernes souterraines à colonnes qui ressemblent à des cathédrales englouties, un immense hippodrome de 100 000 places, des palais et des milliers d'églises. Les voyageurs venus d'Occident, où les plus grandes villes dépassent rarement 20 000 âmes, en restent muets.
Les courses et les émeutes
À l'hippodrome, les supporters des équipes de char, les Bleus et les Verts, sont organisés comme de véritables factions politiques. En 532, leur révolte commune, dite « Nika » (« Victoire ! »), incendie la moitié de la ville et manque de renverser l'empereur Justinien.