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Le feu grégeois et les sièges arabes
Au VIIe siècle, les armées arabes conquièrent en quelques décennies la Syrie, l'Égypte, la Perse et l'Afrique du Nord. L'Empire byzantin perd les deux tiers de son territoire. Deux fois, en 674-678 puis en 717-718, les flottes arabes viennent assiéger Constantinople elle-même. Deux fois, elles échouent.
Une arme secrète
Ce qui sauve l'empire, c'est le feu grégeois : un liquide inflammable projeté par des siphons montés à la proue des navires, qui s'enflamme au contact et continue de brûler sur l'eau. Les équipages ennemis n'ont aucun moyen de l'éteindre. L'effet moral est aussi important que l'effet matériel.
Un secret si bien gardé qu'il est perdu
La recette était un secret d'État, connue de très peu de personnes et transmise oralement de génération en génération. Résultat : elle a disparu. Les chercheurs pensent à un mélange à base de pétrole brut, de résine et de chaux, mais personne n'a jamais pu la reconstituer avec certitude. C'est l'un des rares cas de technologie militaire décisive totalement perdue.
Le siège de 717
Le second siège est le plus dangereux : selon les chroniqueurs, 120 000 hommes et 1 800 navires attaquent la ville. L'empereur Léon III tient tout un hiver, particulièrement rude cette année-là. La flotte arabe est détruite par le feu grégeois et les tempêtes, l'armée décimée par la faim et le froid. Très peu de survivants rentrent chez eux.
Une portée européenne
Cet échec, souvent oublié, a autant compté pour l'Europe que la bataille de Poitiers en 732. Si Constantinople était tombée en 718, toute l'histoire du continent en aurait été changée.