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Présentation de la traite et des abolitions
Pendant près de quatre siècles, des millions d'Africains ont été capturés, vendus et déportés de l'autre côté de l'océan Atlantique pour travailler de force dans les colonies européennes d'Amérique. Ce trafic d'êtres humains s'appelle la traite négrière. Il a fondé un système d'une grande violence : l'esclavage colonial.
Pourquoi raconter cette histoire ?
Cette histoire a façonné le monde d'aujourd'hui. Elle explique pourquoi des millions de descendants d'Africains vivent dans les Amériques et aux Antilles. Elle a enrichi des ports européens comme Nantes, Bordeaux, Liverpool ou Lisbonne. Elle a aussi fait naître des idées racistes, inventées pour justifier l'esclavage, dont les traces existent encore. Le programme de CM1 et celui de quatrième l'étudient.
Un crime organisé par des États
La traite n'est pas l'œuvre de quelques trafiquants isolés. Elle est organisée par de grandes compagnies et encouragée par les rois. En France, le Code noir de 1685 fixe les règles de l'esclavage dans les colonies. Les personnes réduites en esclavage n'y sont pas considérées comme des êtres humains, mais comme des biens.
Des femmes et des hommes qui résistent
Les captifs n'ont jamais accepté leur sort. Ils se sont révoltés sur les navires, enfuis dans les montagnes et les forêts, et ont gardé en secret leurs langues, leurs croyances et leurs musiques. À Saint-Domingue, une immense révolte menée notamment par Toussaint Louverture aboutit en 1804 à la création d'Haïti, la première république fondée par d'anciens esclaves.
Le long chemin des abolitions
À partir de la fin du XVIIIe siècle, des hommes et des femmes réclament l'abolition, c'est-à-dire la suppression de l'esclavage. Il faudra pourtant attendre 1848 pour que la France l'abolisse définitivement, grâce à Victor Schœlcher, et 1888 pour le Brésil. Depuis 2001, la loi française reconnaît la traite et l'esclavage comme des crimes contre l'humanité.