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La traversée de l'Atlantique
Pour les captifs africains, l'arrachement à leur terre se termine par une épreuve terrible : la traversée de l'océan. Les Anglais l'appelaient le « passage du milieu », car c'était la deuxième étape du commerce triangulaire.
Les trois côtés du triangle
Un navire négrier part d'un port européen, comme Nantes, premier port négrier français, Bordeaux, La Rochelle ou Le Havre. Il emporte des tissus, des armes, des barres de fer et de l'alcool. Sur la côte africaine, ces marchandises sont échangées contre des captifs. Le navire traverse ensuite l'Atlantique, vend les survivants aux Antilles ou au Brésil, puis rentre en Europe chargé de sucre, de café ou de coton.
Entassés dans les cales
Les captifs sont marqués au fer rouge, puis enchaînés deux par deux dans l'entrepont, un espace si bas qu'on ne peut pas s'y tenir debout. Un plan célèbre du navire anglais Brookes, publié en 1788 par les abolitionnistes, montre des centaines de personnes allongées côte à côte comme des marchandises. On les fait monter sur le pont une partie de la journée pour les nourrir et les obliger à bouger, pour qu'ils arrivent en état d'être vendus.
Un voyage meurtrier
La traversée dure souvent deux mois. La chaleur, le manque d'eau, la nourriture insuffisante et les maladies comme la dysenterie tuent beaucoup de captifs. On estime qu'environ un captif sur sept est mort pendant la traversée, sur l'ensemble de l'histoire de la traite. Certains refusent de manger ou se jettent à la mer. D'autres se révoltent : on connaît des centaines de révoltes à bord, presque toujours réprimées dans le sang.
Des témoignages
Nous connaissons ces conditions par les livres de bord des capitaines, mais aussi par des témoignages d'anciens captifs. Le plus célèbre est celui d'Olaudah Equiano, qui raconte avoir été enlevé enfant dans l'actuel Nigeria et a décrit sa traversée dans un livre publié à Londres en 1789. Son récit a aidé à convaincre l'opinion britannique de l'horreur de la traite.