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Tombouctou, ville de savoir
En français, « c'est à Tombouctou » veut dire « c'est au bout du monde ». Pourtant, aux XVe et XVIe siècles, cette ville du Mali, posée à la lisière du désert au bord du Niger, est l'un des grands centres intellectuels de la planète.
Là où le chameau rencontre la pirogue
La position de Tombouctou explique tout : c'est le point où les caravanes venues du désert rencontrent les pirogues du fleuve Niger. Le sel arrive du nord en plaques taillées dans les mines de Taghaza, l'or et les céréales remontent du sud. La ville devient un immense marché, et un marché où l'on vend aussi des livres.
L'université de Sankoré
Autour de la mosquée de Sankoré s'organise un enseignement supérieur qui aurait accueilli jusqu'à 25 000 étudiants. On y étudie le Coran et le droit, mais aussi l'astronomie, les mathématiques, la médecine, la grammaire et la logique. Le géographe Léon l'Africain, qui visite la ville vers 1510, note que le commerce le plus rentable de Tombouctou est celui des manuscrits.
Des centaines de milliers de manuscrits
Ces livres, copiés à la main, ne sont pas partis en fumée : des familles de Tombouctou les ont conservés de génération en génération, cachés dans des malles ou enterrés. On estime qu'il en existe encore plusieurs centaines de milliers. Ils prouvent, noir sur blanc, que l'Afrique de l'Ouest avait une tradition écrite et savante ancienne.
Sauvés deux fois
En 2012, quand des groupes armés occupent le nord du Mali et détruisent des mausolées, des bibliothécaires et des habitants organisent en secret l'évacuation de plusieurs centaines de milliers de manuscrits vers Bamako, selon les organisateurs, cachés dans des sacs de riz et transportés en pirogue. Une opération de sauvetage culturel comparable à celles des grandes guerres.