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Le Grand Zimbabwe
En Afrique australe se dressent les ruines d'une cité de pierre entourée d'un mur de 11 mètres de haut et 250 mètres de long, construit sans mortier avec près d'un million de blocs de granit ajustés à la main. C'est le Grand Zimbabwe, capitale d'un royaume prospère entre le XIIe et le XVe siècle.
Une ville de 18 000 habitants
Le site couvre environ 720 hectares. Il comprend une colline fortifiée, une grande enceinte elliptique avec une mystérieuse tour conique pleine, et de nombreux quartiers d'habitation en terre. La ville vivait de l'élevage de bovins, de l'agriculture et surtout du commerce de l'or et de l'ivoire.
Connecté au monde entier
Les fouilles ont livré de la porcelaine chinoise, du verre persan, des perles indiennes et une pièce arabe. L'or extrait dans la région partait par les ports de la côte de l'océan Indien, comme Sofala et Kilwa, et de là vers l'Inde et la Chine. Le Grand Zimbabwe n'était pas isolé : il appartenait à un immense réseau d'échanges.
Une histoire qu'on a voulu nier
Quand les Européens découvrent le site au XIXe siècle, beaucoup refusent d'admettre que des Africains aient pu le construire et inventent des théories farfelues : les Phéniciens, la reine de Saba... Sous le régime colonial de Rhodésie, les archéologues qui affirmaient l'origine africaine du site étaient censurés. L'archéologie a depuis tranché sans ambiguïté : le Grand Zimbabwe est l'œuvre des ancêtres du peuple Shona.
Un symbole national
Le pays a pris le nom de Zimbabwe à son indépendance en 1980, et les fameux oiseaux de stéatite sculptés retrouvés sur le site figurent sur son drapeau et sur sa monnaie. Le mot viendrait d'une expression shona signifiant « maisons de pierre ».