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Le royaume du Bénin et ses bronzes
Le royaume du Bénin (à ne pas confondre avec le pays actuel du même nom : il se trouvait dans le sud du Nigeria) est l'un des États les plus organisés d'Afrique de l'Ouest. Sa capitale, Edo (Benin City), impressionne fortement les premiers visiteurs européens.
Une capitale au cordeau
Un marin hollandais du XVIIe siècle la compare à Amsterdam : de grandes avenues rectilignes, des maisons alignées et bien tenues, un palais immense. La ville était protégée par un réseau de fossés et de remparts de terre dont l'étendue totale, plusieurs milliers de kilomètres, en faisait l'un des plus grands ouvrages de terrassement jamais réalisés avant l'ère mécanique.
Des bronzes d'une précision stupéfiante
Les artisans du Bénin coulent depuis le Moyen Âge des plaques et des têtes en alliage de cuivre selon la technique de la cire perdue : on modèle en cire, on enrobe d'argile, on chauffe pour que la cire s'écoule, on coule le métal à la place. Le résultat est d'une finesse telle que les experts européens du XIXe siècle refusèrent d'abord de croire à une origine africaine. Ces plaques racontent l'histoire du royaume, ses rois (les obas), ses guerriers, ses cérémonies : c'est une chronique en métal.
Le pillage de 1897
En 1897, après un incident meurtrier, une expédition militaire britannique prend et incendie la ville, exile l'oba et emporte des milliers d'objets, vendus ensuite pour financer l'opération. Les bronzes du Bénin se retrouvent dispersés dans les musées d'Europe et d'Amérique.
Un débat toujours ouvert
Depuis les années 2020, plusieurs musées et pays (Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis) ont commencé à restituer ces objets au Nigeria. Le cas du Bénin est devenu le symbole mondial du débat sur les œuvres prises pendant la colonisation : à qui appartient un objet volé il y a plus d'un siècle ?