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L'empire Songhaï

Quand l'empire du Mali s'affaiblit, une ville du fleuve Niger prend le relais : Gao. À partir de 1464, le roi Sonni Ali Ber conquiert Tombouctou puis Djenné et bâtit le plus vaste des empires ouest-africains, le Songhaï.

Une armée fluviale

L'originalité du Songhaï, c'est le fleuve Niger. L'empire entretient une véritable flotte de guerre de pirogues, capable de déplacer rapidement des troupes sur des centaines de kilomètres. Combinée à une cavalerie lourde, elle rend l'armée songhaï presque imbattable dans la région.

Askia Mohamed, l'organisateur

En 1493, un général, Askia Mohamed, prend le pouvoir et règne 35 ans. Il réorganise complètement l'empire : provinces dirigées par des gouverneurs nommés, ministres spécialisés (finances, agriculture, marine), poids et mesures unifiés, système d'impôts régulier. Il fait aussi de Tombouctou et Djenné de grands centres d'étude et effectue lui aussi un pèlerinage fastueux à La Mecque.

Djenné et son architecture de terre

Au sud, la ville de Djenné possède la plus grande construction en terre crue du monde, sa Grande Mosquée. Chaque année, avant la saison des pluies, toute la population participe à une fête pour la recrépir de banco : les pièces de bois de palmier plantées dans les murs servent d'échafaudages permanents. La technique est vieille de plusieurs siècles et toujours vivante.

Une défaite qui change tout

En 1591, le sultan du Maroc envoie à travers le Sahara une petite armée de 4 000 hommes équipés d'arquebuses. À la bataille de Tondibi, les dizaines de milliers de guerriers songhaïs, armés de lances et de flèches, sont mis en déroute par les armes à feu. L'empire s'effondre et l'Afrique de l'Ouest se morcelle, au moment précis où les Européens intensifient la traite sur les côtes.