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Ashoka, l'empereur qui renonça à la guerre
Vers -320, peu après le passage d'Alexandre le Grand aux portes de l'Inde, Chandragupta Maurya fonde le premier grand empire indien. Son petit-fils Ashoka, qui règne à partir de -268, en fait le plus vaste que l'Inde ait connu avant l'époque moderne.
La bataille qui change un homme
Vers -261, Ashoka conquiert le royaume de Kalinga. La guerre est effroyable : d'après ses propres inscriptions, elle fait plus de cent mille morts et des dizaines de milliers de déportés. Devant le champ de bataille, l'empereur est saisi de remords. Il se convertit au bouddhisme et annonce publiquement qu'il renonce à la conquête par les armes. Un empereur vainqueur qui fait graver lui-même ses regrets, c'est très rare dans l'histoire ancienne.
Des lois gravées dans la pierre
Pour faire connaître sa nouvelle politique, Ashoka fait graver ses édits sur des rochers et de hauts piliers de pierre polie, partout dans l'empire, dans les langues locales. Il y ordonne de respecter les animaux, de soigner les malades, de creuser des puits, de planter des arbres le long des routes, et de tolérer toutes les religions. Il envoie aussi des missionnaires bouddhistes jusqu'au Sri Lanka et vers le monde grec.
Un symbole toujours vivant
Le chapiteau aux quatre lions d'un de ses piliers est aujourd'hui l'emblème officiel de la République indienne, et la roue qui y figure, la chakra, est au centre du drapeau indien. Ashoka était pourtant complètement oublié : ses édits n'ont été déchiffrés qu'en 1837.