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L'Empire moghol et Akbar

En 1526, un prince d'Asie centrale nommé Babur, descendant à la fois de Gengis Khan et de Tamerlan, bat le sultan de Delhi à la bataille de Pânipat grâce à son artillerie. Il fonde l'Empire moghol, qui gouvernera la plus grande partie de l'Inde pendant près de deux siècles.

Un empereur qui fait le pari de la tolérance

Son petit-fils Akbar (1556-1605) monte sur le trône à treize ans et se révèle l'un des plus grands souverains de l'histoire indienne. Musulman gouvernant un pays très majoritairement hindou, il choisit la voie inverse de la contrainte : il supprime l'impôt que les non-musulmans devaient payer, nomme des hindous à de hauts postes, épouse une princesse rajpoute et organise dans son palais des débats où discutent musulmans, hindous, jaïns, zoroastriens et jésuites portugais.

Un empire riche et organisé

Akbar met en place un cadastre précis, un impôt proportionnel aux récoltes et une administration de fonctionnaires classés par grades. L'Inde moghole devient l'une des économies les plus riches du monde : vers 1700, elle représente sans doute près d'un quart de la richesse produite dans le monde, en particulier des textiles de coton que l'Europe s'arrache.

Un art de cour éblouissant

De cette rencontre entre traditions persane, turque et indienne naît un art unique : miniatures peintes avec une finesse extrême, jardins d'eau géométriques, mosquées et palais de grès rouge et de marbre blanc, comme la ville de Fatehpur-Sikri, construite puis abandonnée en une quinzaine d'années, sans doute faute d'eau.